dimanche 13 décembre 2015

1983 Hollande

Dimanche 24 juillet 1983

A 8h30, Viviane et moi partons de Strasbourg pour Amsterdam, en voiture.
Vers midi, arrivée en BELGIQUE par la frontière de Longwy.
Peu après, nous nous arrêtons pour manger dans une « friture », petite baraque à frites implantée en bord de route, comme il en existe tant en Belgique.
Nous passons par Arlon et longeons la frontière luxembourgeoise. A Martelange, le côté gauche de la chaussée est belge alors que le côté droit est luxembourgeois. Les stations-service se succèdent, le prix de l’essence n’étant pas le même d’un côté ou de l’autre de la frontière.
Nous traversons les Ardennes belges jusqu’à Liège puis nous dirigeons vers les PAYS-BAS.
C’est dimanche : il n’y pas de possibilité de change à la frontière.
Vers 16h, nous arrivons à Maastricht.
Nous recherchons d’abord un camping. Comme nous n’avons pas de florins, nous pouvons y faire du change.
Nous visitons la ville. La plus ancienne cité néerlandaise, au bord de la Meuse, a beaucoup de charme.
Quand les provinces du sud se détachèrent pour former la Belgique en 1830, la garnison en poste à Maastricht demeura loyale au roi hollandais et en 1839 la ville et la partie orientale du Limbourg ont été intégrées de façon permanente aux Pays-Bas. En fonction de l'excentricité géographique de la ville, elle a plus souvent été tournée vers l'Allemagne et la Belgique que vers le reste des Pays-Bas.
Nous mangeons dans un snack. Nous passons la nuit au camping, dans la voiture. Les sièges de la Mazda sont rabattus, nous permettant de dormir confortablement.

Lundi 25 juillet 1983

Le matin, nous roulons vers Amsterdam.
Nous pique-niquons en cours de trajet.
Après-midi, nous visitons AMSTERDAM, capitale des Pays-Bas sans gouvernement, bâtie autour d’un réseau de canaux. Située sur l’embouchure de l’Ij, sur l’Amstel et le canal de la mer du Nord, Amsterdam occupe une centaine d’îlots reliés par plus de 1500 ponts. Le centre de la ville semble sortir tout droit du XVIIe siècle.

D’interminables rangées de maisons à pignons, jolies, folles, le long de canaux bordés d’arbres…


 De vénérables églises, des ponts à bascule, d’étroites rues pavées, et une myriade de péniches…


Nous nous promenons dans le cœur historique de la cité, fer à cheval de canaux, jusqu’à la grand-place, le Dam.
Ici la bicyclette est reine. Les parkings pour vélos s’alignent le long des berges.


Les demeures respectables et fleuries alternent avec les sex-shops. Lanternes rouges et femmes en vitrine… Le quartier rouge est composé de vitrines où les prostituées s’exposent, en attendant les clients. L’atmosphère y est très particulière. Ce quartier doit son nom aux lanternes rouges qui montrent la présence d’une prostituée. Par contre on ne sait pas si, quand c’est allumé, c’est libre ou pas !
Une odeur d’encens remplit les rues. De l’encens? Non ! Cette odeur vient tout droit des coffee shops, où vous pouvez fumer et acheter votre cannabis made in Nederland. Les gens y font leur commerce librement et payent leurs impôts comme des honnêtes citoyens. La Hollande, et spécialement Amsterdam, se démarque par son côté « rebelle ». Impression d’une ville hors la loi, avec des vendeurs de drogues et de sexe à tous les coins de rue. Et pourtant, tout ceci est légal et extrêmement contrôlé. On est dans un autre monde.

Nous quittons la ville pour nous diriger vers l’est. Comme il se doit, nous apercevons le long de la route quelques moulins à vent restaurés.


Dans la soirée, nous parcourons en voiture les polders de Zuidelijk et Oostelijk-Flevoland.
Le Zuiderzee était un golfe du Nord des Pays-Bas. A l'époque romaine, le lac Flevo, séparé de la mer par des dunes, occupait une grande partie de la superficie. Au XIIIe siècle, à la suite d'inondations, la mer envahit le lac. Les Néerlandais, dans leur souci d'agrandir et de sécuriser leur territoire, lancèrent au XIXe siècle, un grand projet de polders. Il faudra cependant attendre le vote du Parlement en 1918, suite aux terribles inondations de 1916, pour voir se concrétiser le projet de l'ingénieur Cornelis Lely.
La pièce maîtresse du chantier, préalable à l'assèchement, est la grande digue (Afsluitdijk) terminée en 1932. Elle fait 30 km de long et 90 m de large, au sommet coiffé d'une autoroute. Les polders seront créés de 1930 à 1968 .La partie restée en eau porte aujourd’hui le nom d'IJsselmeer (lac d'Issel).
Le Flevoland a donc été créé par l'assèchement de la mer selon la technique des polders, et les travaux ont duré jusqu'en 1968.
Lelystad, du nom de l’ingénieur responsable du projet, est la grande ville du polder. Elle se trouve à une altitude de 5 m sous le niveau de la mer.
Nous parcourons en voiture cette ville nouvelle fondée en 1967. Impression étrange d’une ville en construction, non terminée...
Lelystad se trouve en bordure des mers intérieures Ijsselmeer et Markermeer. Là débute la digue Houtribdijk qui sépare ces deux étendues d'eau. Nous empruntons cette digue qui rejoint Enkhuizen (Hollande Septentrionale), de l’autre côté du golfe.


Nous traversons la Hollande vers le sud en direction de La Haye.
Un cordon de dunes long de 40 kilomètres entre Wassenaar et Ijmuiden constitue la défense de la Hollande Septentrionale et Méridionale contre la mer.

Nous nous installons sur un parking aux abords des dunes de Wassenaar (Hollande Méridionale).
Paysage de dunes intactes qui forment un territoire vulnérable et sont très importantes pour la protection de l'arrière-pays.
Les dernières voitures quittent le parking. Nous y restons seuls, allons nous promener sur les dunes, mangeons sur place et passons la nuit dans la voiture.

Mardi 26 juillet 1983

Au matin, le gardien du parking reprend son service. Il ne s’étonne pas de notre présence. Nous payons simplement notre stationnement de nuit.
La grisaille tourne à la pluie.

Par la forêt de Wassenaar, nous atteignons dans la matinée DEN HAAG (La Haye).
Résidence de la Cour, siège du gouvernement, elle n’est pas la capitale officielle des Pays-Bas. La Haye ne possède pas un large centre historique comme ses proches voisines de Leyde et Delft. Mais à partir de 1850 et vu la place grandissante qu'occupe le gouvernement dans la vie du pays, La Haye se développe considérablement.
Relativement réduit, le centre historique de La Haye illustre au travers de son architecture le protestantisme néerlandais. Les édifices en briques ocre sont d’une simplicité confinant à l’austérité.
Nous parcourons partiellement la ville en voiture, à cause de la pluie. Nous passons devant la Cour internationale de justice, organe judiciaire principal de l’Organisation des Nations Unies.
La Haye ne manque pas de charme avec ses longues avenues bordées de canaux. Face au Buitenhof, la « cour extérieure » du palais érigé au XIIIe siècle se déploie un ensemble d’édifices remarquables. De l’ancien château ne subsiste qu’une porte fortifiée, la Gevangenpoort, la « porte de la prison » laquelle abrite un musée de la torture. Non loin, la Binnenhof, la « cour intérieure » et son Ridderzall « salle des chevaliers » qui constituent l’ancien palais des Stathouders et des Etats provinciaux. De nos jours il abrite parlement et conseil des ministres.
Nous avons l’intention de visiter le musée de la torture, mais il semble fermé. Vu le mauvais temps persistant, nous décidons de quitter la ville.
Un peu plus tard, nous nous arrêtons pour manger à Dordrecht.

Après-midi : trajet vers la frontière.
Traversée de l'Allemagne par les autoroutes. Arrivée à la maison à Schiltigheim vers 23h.


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