dimanche 13 décembre 2015

1979 Tunisie (deuxième voyage)

Samedi 1er septembre 1979

A 17h, Lucien et « Thierry » m'emmènent à l'aéroport de Strasbourg-Entzheim.
18h20 : décollage pour la TUNISIE. J'y retourne pour deux semaines, invité par Hichem.
19h30 (heure locale) : arrivée à TUNIS.
Hichem m'attend à l'aéroport. Nous nous rendons à Tunis chez un de ses frères où se déroule une fête de famille, la circoncision d’un enfant.
Comme le baptême chrétien, cette tradition orientale marque l’entrée du jeune garçon dans le monde des croyants. Cette cérémonie donne lieu à des festivités plus ou moins importantes selon les moyens de la famille.
Toute la famille d’Hichem est rassemblée à cette occasion. J’y retrouve des connaissances datant d’avril 1973. La fête se déroule dans l’appartement du frère aîné d’Hichem. On peut y boire du vin et de la « boukha », un alcool de figue très fort. J’en profite !
Lorsque la fête s’épuise, Hichem et moi partons en voiture à Nabeul, chez sa mère. Nous nous couchons à minuit.

Dimanche 2 septembre 1979

Je passe la matinée à Nabeul.


De10h30 à 13h, je suis à la plage avec un neveu d'Hichem. La rue Mongi Slim où habite la mère d’Hichem mène directement à la plage. Le front de mer est saccagé par des hôtels de tourisme de masse et la plage est surtout fréquentée par des Européens.
Dans l’après-midi, je me promène dans Nabeul avec un autre neveu.
A 19h30, Hichem et moi nous rendons à Hammamet, un des hauts lieux du tourisme en Tunisie. Nous y retrouvons deux Françaises rencontrées par Hichem. Nous mangeons avec elles dans un restaurant, puis nous allons passer la soirée dans une boîte à touristes. Nous rentrons à Nabeul à 3h du matin, seuls, évidemment !

Lundi 3 septembre 1979

Nous passons la journée à Nabeul. On fait une balade en ville, on arpente les rues. Il y a toujours un ami, une connaissance ou un cousin à saluer dans ces rues animées et populeuses…
Vers 18h, nous partons en voiture à Tunis. On se rend chez le frère d'Hichem pour une fête avec musiciens et folklore. C’est la suite de la fête de samedi. Plus sage, plus familiale et sans alcool…

Mardi 4 septembre 1979

... La fête se termine à 3h du matin. Avec la voiture que m’a confiée Hichem, je ramène à Nabeul pour 4h sa mère, sa sœur et les enfants de Zouir (un frère d’Hichem vivant à Strasbourg). A cette heure, la route est relativement tranquille, hormis quelques voitures sans lumière… Les routes sont en bon état, mais la conduite de nuit reste dangereuse.

Lorsque je suis levé, après avoir pris le petit déjeuner chez la mère d’Hichem, je vais me promener à Nabeul, au centre et dans le souk. 
  
                        
        
Sculptures sur pierre, ateliers de poterie.
L’argile rouge provient des environs, le kaolin est extrait à Tabarka. Les couleurs sont encore obtenues selon des recettes ancestrales ; d’autres teintes sont obtenues à partir d’émaux chimiques.
La mosquée est un vivant témoignage de l’art local, avec une superbe porte rehaussée d’un encadrement finement sculpté.


A 11h30, je repars seul avec la voiture d'Hichem. Paysages classiques d’Afrique du Nord : vendeurs de fruits et légumes au bord des routes, petites carrioles tirées par des ânes, oueds à sec … Pendant le trajet, un flic me fait signe d’arrêter. En fait, il monte dans la voiture et me demande de le transporter jusqu’à tel endroit ! C’est une pratique courante en Tunisie. 
J’arrive alors à Ez-Zahra, chez l’oncle d’Hichem. J'y retrouve là-bas Tayeb, ainsi que le cousin Jellel (cf. 9 avril 1973). Je fais connaissance avec un ami algérien, Salim. Je passe l’après-midi à Ez-Zahra puis retourne à Tunis avec Hichem.
Je rentre le soir à Nabeul, seul, pour 23h. Prudence… La nuit, gare aux piétons qui surgissent de nulle part !

Mercredi 5 septembre 1979

Vers 11h30, je roule jusqu’à Hammamet pour y retrouver les deux Françaises dans leur village de vacances. Elles sont encore sous la douche ! Ensemble, nous allons à la plage jusqu'à 12h30. Il s’agit bien sûr d’une plage privée du village-vacances.
Elles rentrent ensuite pour manger dans leur cercle fermé. Quant à moi, je me rends dans un petit restaurant local qui tranche avec les complexes touristiques sans âme et de mauvais goût qui nous environnent. Je mange un couscous. Seul européen dans la gargote, le thé aux pignons m’est offert par un consommateur.
De 15h à 16h30, je retrouve les filles à la plage. Elles ne connaissent d’ailleurs de la Tunisie que la plage, et des Tunisiens que les serveurs de leur hôtel !
Je les ramène tout de même à Tunis en voiture pour 19h, où nous retrouvons Hichem. Nous allons manger dans un hôtel de luxe, la Baie des Singes. Tout ça pour éblouir les filles… Tiens, je croyais que c’était Hichem qui devait payer !
Nous rentrons à Hammamet où nous déposons les filles, puis à Nabeul pour 1h45.

Jeudi 6 septembre 1979

Je passe la journée à Nabeul. Je fais quelques courses et je me rends sur l’inévitable plage à touristes.

Je repars seul à Ez-Zahra en « voiture de louage » (taxi collectif) pour 17h.
Avec Salim, l’ami algérien, j’ai rendez-vous avec « le capitaine ». « Tu ne peux pas te tromper. Il porte une barbe, des lunettes et un short » nous annonce un copain tunisien, Nabil. En fait, il ne porte ni barbe, ni lunette ni short !
Je passe la soirée entre la demeure de l’oncle et celle de son voisin : discussion sans fin, philosophique et religieuse, sur la terrasse, rythmée par les navettes incessantes de nos hôtes tunisiens et l’ami algérien, d’une maison à l’autre. Puisque nous avons décidé de nous rendre demain en Algérie avec Salim qui rentre au pays, les femmes passent commande… de tissus et de robes. Il paraît que c’est beaucoup moins cher là-bas !

A 2h du matin, je dors chez les voisins. Pendant la nuit, ça entre et ça sort…

Vendredi 7 septembre 1979                            

… Je me réveille au matin avec un voisin de lit différent de celui près duquel je me suis endormi !
Je passe la matinée à Tunis avec Nabil et Salim. Nous faisons quelques emplettes dans un supermarché. Nous sommes vendredi, donc pas d’alcool en vente !

A 12h30, en gare de Tunis, après un retard sur l’horaire prévu, nous prenons tous les trois un train pour l'Algérie. Dans le compartiment que nous occupons, nous lions connaissance avec un autre Tunisien ainsi qu’un Egyptien.
Lent voyage dans la région montagneuse du nord-ouest qui est la continuation de l’Atlas tellien. 



Lors d’un arrêt à Sidi Smaïl, on descend du train pour faire quelques photos-souvenirs. 

















On arrive à Jendouba. Douane et police tunisiennes montent à bord. Jusque là, ça va.
A 16h, le train arrive à la frontière algérienne de Souk Ahras. C’est le tour des Algériens de vérifier les papiers. Là, ça se complique. Il paraît que je n’ai pas assez de devises pour entrer en Algérie. En fait, j’ai 300 francs français pour aller passer quelques jours à Constantine dans la famille de Salim. Je me fais bel et bien refouler, sans autre explication. Je dois descendre du train, malgré l’intervention de mes compagnons.
Et là, je me retrouve au bord du quai, sans argent pour rentrer à Tunis. Perplexe, je fais un signe d’adieu aux copains et je regarde le train qui s’ébranle vers l’Algérie…
Un autre Français, lui aussi refoulé du train, m’échange des dinars tunisiens pour me payer un billet de retour. Nous prenons un train pour Tunis à 18h15.
Nous arrivons de nuit, et je retourne à Ez-Zahra en taxi pour 22h. Surprise dans la famille !

Samedi 8 septembre 1979

Je vais passer la matinée à Tunis, flânant dans les rues et les avenues de la ville moderne et coloniale.
Des femmes agents de police règlent la circulation sur la place du 7 Novembre où trône la statue équestre géante du « Combattant suprême ».
Dans aucun autre pays musulman, les femmes n’ont la place qu’elles ont en Tunisie. On en trouve dans la police ou dans les institutions judiciaires. Elles sont à l’abri de la répudiation par leur mari. Le divorce peut être le fait de la femme comme celui de l’homme. La polygamie est désormais interdite.
Sur l’avenue de France, j’entre dans une grande librairie pour acheter des livres : « Histoire de la Palestine » et « La presse féminine ». Comme repas, j’avale un sandwich tunisien pris dans un kiosque de rue.
Je me dirige ensuite vers la gare et rentre à Ez-Zahra en train pour 15h30. Entre-temps, le copain Nabil est lui aussi revenu. Il nous raconte la suite des événements d’hier : le train a passé la frontière, et là les policiers algériens ont fait descendre tous les Tunisiens. Seuls ont eu le droit de continuer les passagers algériens et notre compagnon de voyage égyptien. Les Tunisiens ont été embarqués dans une prison de Souk Arhas où ils ont dû passer la nuit, entassés dans une même cellule avec femmes et enfants. Au matin, ils ont été relâchés et refoulés dans un train en direction de Tunis. Tout cela en représailles d’un précédent incident dont furent victimes des Algériens de la part de Tunisiens ! Ces petits potentats locaux font la loi aux frontières, sans grande possibilité de recours. C’est pour éviter des témoins gênants que nous, les deux Français du train, avons été expulsés avant la frontière.

Quant à moi, je reste cet après-midi à Ez-Zahra.
Je dors à nouveau chez les voisins.

Dimanche 9 septembre 1979

Je passe la matinée à Ez-Zahra puis, avec Hichem, l’après-midi à Tunis.
Nous rentrons le soir à Nabeul. Hichem et moi faisons une promenade de nuit au bord de la mer, sur la jetée, de 21h30 à 22h30.

Lundi 10 septembre 1979

Hichem travaillant à Tunis, sa mère et sa sœur absentes, je me retrouve seul à Nabeul, dans la maison familiale : lecture, essentiellement.
Pour me changer les idées, je fais aussi un tour à la plage pendant quelques temps. Le soir, je mange en ville dans un restaurant.

Mardi 11 septembre 1979

Cet après-midi, plage jusqu'à 16h.
Bière Celtia pour me désaltérer au kiosque de la plage, tout en lorgnant sur les femmes européennes aux seins nus, pour le coup d’œil…
Le soir, je mange dans un restaurant à la clientèle locale. Je commande des bricks, sortes de crêpes très fines, pliées en triangle, contenant un œuf et de la farce ou du thon, et plongées dans la friture. Je lie connaissance avec trois Tunisiens. Nous sortons ensemble à Hammamet et Nabeul dans des boîtes de nuit. Essentiellement pour les touristes étrangères, évidemment … qui attirent les jeunes locaux.
Nous rentrons à 2h du matin. Les trois jeunes me déposent devant la maison.

Mercredi 12 septembre 1979

De 11h30 à 16h, je suis à la plage avec un couple français dont j’ai fait la connaissance. Mais rapidement, je commence à me sentir fiévreux. Je rentre à la maison et, malade, je me couche. J’ai chopé une « tourista », probablement due à l’eau ou aux crudités du restaurant d’hier soir.

Jeudi 13 septembre 1979

La journée sera longue. Je m’occupe en lisant…
Brève visite d’un neveu d’Hichem, médecin. Sa sœur fait aussi une apparition pour voir si je n’ai besoin de rien.

Vendredi 14 septembre 1979

En fin de matinée, me sentant un peu mieux, je pars en auto-stop à Ez-Zahra que j’atteins à 14h.
Dans l'après-midi, Hichem arrive. Nous partons ensemble à Tunis en début de soirée. Je me sens tout-de-même encore un peu « limite ».
Nous prenons le repas à l'hôtel Amilcar, à Carthage, où j’invite Hichem et Tayeb, en cadeau de départ. Nous rentrons vers 23h chez le frère aîné d'Hichem où nous allons dormir.

Samedi 15 septembre 1979

Matinée à Tunis avec Hichem avant le départ pour l'aéroport.
A 14h10, l’avion décolle pour Strasbourg.

Arrivée à l'aéroport d'Entzheim à 17h20 (heure française).
Christine et son frère Jacky m'y attendent, avec Caroline. 


*****

2 commentaires: